Petite chose tremblante aux grands yeux, comme je voulais ne pas te quitter ce matin. Nous nous attachons l'un l'autre malgré notre fuite en avant. Tu m'écoutes et je t'entends. Tu viens et tout va bien. Tu oublies le code, tu montes, tu veux de l'eau, tu t'assieds, tu racontes, tu me questionnes, tu t'assieds, demandes une cigarette, la fume et cherche le cendrier, me regarde, m'embrasse, repars, racontes encore. Puis tu t'arrêtes et tu vois en filigrane du réel un roman d'aventure. Tu me racontes la double vie des gens, les choses magiques dans la rue, les personnes à mystifier. Ton esprit saute de nuage en nuage et de temps en temps tu t'arrêtes pour me tendre la main. Grande douceur que tu es, grande douceur. 

Je prends ma douche, puis toi la tienne. On sort en vérifiant qu'on n'a rien oublié. La parisienne est fermée, Kayser ouvert. On prend un pain au chocolat.  On fait le détour et on revient au métro. Au métro, une dernière fois on s'est embrassés. Et puis, un dernier regard. J'ai pris une grande inspiration et je suis partie sans me retourner.